FICTION LITTERAIRE

La chaleur

Auteur : Victor Jestin

★☆☆


Léonard n’est pas à sa place ici. Il n’y retrouve pas ses repaires. N’a pas les codes.

Le camping n’est définitivement pas pour lui. Il n’arrive pas à évoluer dans ce microcosme de la société.

Passer la nuit dans une tente, à ne pas pouvoir dormir, la tête pleine de bruits de fêtes. Se laver dans les douches communes, là où tout le monde est passé, où les hommes ont éjaculé. Se mettre en maillot, pour bronzer, pour se baigner. La mise en avant des corps, les jeux de séduction, les apéros entre amis, les barbecues. Très peu pour lui tout ça.

L’adolescent préfère être seul. Au calme. Et écouter Wagner.

C’est en essayant de fuir le bruit, la fête, la foule que Leo croise Oscar. Une connaissance, même pas un pote. Toujours là à faire le beau, à draguer. Agaçant.

Oscar dont la tête est prise entre les cordes d’une balançoire pour enfant. Oscar qui manque d’air. Oscar qui se meurt à petit feu. Personne ne le voit. Personne n’est là pour le sauver. Personne sauf Leo. Leo qui reste là à le regarder. Leo qui décide de ne pas intervenir. Leo qui le regarde mourir. Avant d’enterrer son corps dans la dune.

La prise de conscience sera terrible pour lui. Le poids de son acte sera lourd. Pesant. Écrasant. Écrasante comme la chaleur de cette dernière journée de camping. Une journée caniculaire. Un soleil qui tape. Tape sur la conscience de Leo. Une chaleur oppressante. Oppressante comme le poids de la culpabilité que porte l’adolescent. Le temps est suspendu. L’air ne circule plus. Comme pour Oscar. On étouffe. Leo étouffe. Le lecteur aussi.

Tous attendent que l’orage éclate.


« Oscar est mort parce que je l’ai regardé mourir, sans bouger. Il est mort étranglé par les cordes d’une balançoire, comme les enfants dans les faits divers. Oscar n’était pas un enfant. »


Je suis passée à côté de ce livre. Ce roman m’a assommé comme la chaleur assomme les esprits. Le récit ne m’a pas transporté. Peut-être que j’en attendais trop après avoir lu et entendu toutes les critiques positives faites sur celui-ci : un livre encensé partout.

J’ai eu l’impression d’avoir entre les mains une histoire que je connaissais déjà – et que j’avais adoré – celle de Pierre Lemaître : Trois jours et une vie.

Je reconnais toutefois le travail d’écriture et le style de Victor Jestin. Pour un premier roman, la qualité de la plume est au rendez-vous.


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