COUP DE COEUR FICTION LITTERAIRE

La commode aux tiroirs de couleurs

Auteur : Olivia Ruiz

★★★


« Parce que je sais que se construire avec une histoire, même riche de blessures autant que de joies, d’épreuves surmontées comme de miracles accueillis, c’est une chance. »


A la mort de sa grand-mère, une jeune femme hérite de sa commode.
Chacun de ses tiroirs est peint d’une couleur différente. Possède un objet différent. Raconte un bout de vie de cette matriarche aimée.

Le temps d’une nuit, sa petite-fille découvre – tiroir après tiroir – l’histoire de cette femme forte.
L’histoire de sa famille.
Son histoire à elle, aussi.

Cette « commode aux tiroirs de couleurs », c’est un retour dans le passé.
Un passé riche. En saveurs. En couleurs. En émotions. En souvenirs. En secrets.
Un passé joyeux. Douloureux. Amoureux.

Cette commode, ce sont les souvenirs partagés. Et, les secrets gardés.


« L’idée de remplir les tiroirs de cette commode de nos vies m’est venue comme une fulgurance. Dès que je me suis retrouvée face à elle, je me suis autorisée à laisser remonter mes souvenirs. […] A ton tour d’y faire de la place pour votre futur. »


J’ai été entièrement conquise par le premier roman d’Olivia Ruiz. Celui-ci confirme – s’il le fallait – son talent de conteuse, déjà présent dans ses chansons.

Très pudique, c’est tout de même un peu d’elle-même que l’on retrouve dans ce récit. L’auteure se livre, écrit ce qui lui tient à cœur avec comme seul filet de protection, la fiction littéraire.

Une fiction d’une sobriété belle mais qui aborde un sujet complexe et douloureux : l’exil.
Olivia Ruiz raconte l’émigration et son déracinement. Elle raconte aussi l’immigration et son adaptation.

Elle pose les mots de la souffrance de ceux qui sont partis. Et, de ceux qui sont restés au pays.
Elle questionne : dans l’Espagne Franquiste, quitter son pays est-il un acte de lâcheté ou de survie ?

Le récit est touchant. Il vous prend les tripes. Il vous prend le cœur.
Le premier roman est réussi ! L’émotion, au rendez-vous.
Le style est simple. Epuré.
La plume est belle. Poétique.
La langue est flamboyante. Sensorielle.

Une belle entrée en littérature donc pour Olivia Ruiz.
Et, sans nul doute, mon coup de cœur de l’été 💛


« Le souvenir, c’est bien quand il te porte. S’il te ralentit ou même te fige, alors il faut le faire taire. Pas disparaître. Juste le faire taire, car à chaque moment de ta vie, le souvenir peut avoir besoin que tu le réveilles pour laisser parler tes fantômes. Ils ont tant de choses à nous apprendre si on se penche un peu sur ce qu’ils nous on laissé. »


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