FICTION LITTERAIRE

La petite fille de Monsieur Linh

Auteur : Philippe Claudel

★★★


Une terre qui s’éloigne. Le Vietnam. Un vieil homme sur un bateau. Monsieur Linh.

Son village a été détruit par les soldats. Par la guerre. Une guerre qu’il ne comprend pas. Une guerre dont il ne connaît pas la cause.

Voisins. Amis. Famille. Tous sont morts. Tous ?! Non, il reste Sang diû, sa petite fille nouveau-née. Une merveille. Une vraie poupée …

Il ne reste qu’eux. Forcés de fuir. Forcés de partir. Forcés de quitter leur terre natale. Leur pays. Leur patrie.

Les voilà sur un nouveau continent. Un nouveau pays. Une nouvelle culture. Une nouvelle langue. Tout leur est étranger. Monsieur Linh ne retrouve pas les odeurs et les senteurs de son pays.

Ici, il est perdu. Le voilà exilé. Lui qui n’avait rien demandé. Lui que l’on a arraché à sa terre. Le voilà qui se retrouve dans le pays de l’occupant.

Le voilà forcé de vivre dans un centre pour migrants. Entouré de béton. De bruits. Entourés d’apatrides. Comme lui. Lui qui avait, autrefois, le luxe d’avoir sa propre maison.

Monsieur Linh est trop vieux pour cela. Trop vieux pour s’adapter à une nouvelle culture, à un nouveau pays. Trop vieux pour survivre à ceux qui auraient dû lui survivre.

Pour Sand diû, il doit faire cet effort. Il doit rester prés d’elle. Pour elle, il serait prêt à tout. Il pourrait vivre cent années de plus. Dans ce gris qui l’entoure, elle est sa raison de vivre. Elle est sa lueur d’espoir …  jusqu’à sa jolie rencontre avec Monsieur Bank … une seconde lueur d’espoir.


« C’est un vieil homme debout à l’arrière d’un bateau. Il serre dans ses bras une valise légère et un nouveau-né, plus léger encore que la valise. Le vieil homme se nomme Monsieur Linh. Il est seul à savoir qu’il s’appelle ainsi car tous ceux qui le savaient sont morts autour de lui. » 


Vous connaissez désormais ma passion pour l’auteur qu’est Philippe CLAUDEL … et bien celle-ci n’en est que renforcée après la lecture de ce roman que je vous recommande mille fois.

J’ai eu entre les mains un petit bijou de lecture : un roman touchant, tout en émotion. Sa lecture a été, pour moi, un ravissement page après page. Et, la fin, surprenante, m’a émue aux larmes.

Comme dans beaucoup de ces livres, Philippe CLAUDEL réussit là encore à faire entrer le lecteur dans la peau de « l’autre » pour lui montrer qu’il existe une façon différente de voir les choses.

Il lui propose d’adopter un point de vue différent pour quelques heures, pour quelques pages. Libre au lecteur de se laisser entrainer – ou pas – dans cette proposition que nous fait l’auteur.

Et c’est tout ce que j’aime chez Philippe CLAUDEL. J’aime le côté « humain » de ces écrits. J’aime leur écho à l’actualité. J’aime ses romans qui interpellent le lecteur, qui le poussent à s’interroger : de quelle manière vois-je les choses ? Et si j’étais à sa place, qu’aurais-je fait ? Suis-je, moi aussi, comme eux ?

Selon moi, Philippe CLAUDEL est aux situations ce que Stefan ZWEIG est aux sentiments.


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