AUTOBIOGRAPHIE

La petite fille sur la banquise

Auteur : Adélaïde Bon

★★★


Pour son premier roman, Adélaïde Bon a choisi de se livrer. De se raconter. De témoigner.
Elle fait le récit de son calvaire. De sa descente aux enfers. De sa reconstruction.
Cette histoire est son histoire. Celle d’une petite fille dont la vie a basculé à l’âge de 9 ans.


« Est-ce qu’elle s’est essuyée la bouche du revers de la main, passée la langue sur les dents, recoiffée un peu ? Est-ce elle ou lui qui a remonté la culotte, remis un semblant d’ordre dans la robe-tablier rouge, tiré sur le chemisier blanc ? Elle le regarde en opinant du menton, comme les petits chiens qui hochent la tête sur les plages arrière des voitures. Je suis gentille, je suis jolie, j’aime ça, tu es mon ami, tu aimes mes grosses fesses, tu me fais du bien, je suis gourmande, je ne dirai rien, c’est notre secret, je te promets, je ne dirai rien. »


C’est un dimanche ensoleillé du mois de mai. Adélaïde Bon à 9 ans. Elle revient de la foire et est heureuse. Elle y a gagné un poisson rouge. Son poisson rouge ! Un poisson pour lequel elle a eu la permission de se rendre – seule, pour la première fois – à l’épicerie du coin pour lui acheter un pot à paillettes pour poisson.
Sur le chemin du retour, Adélaïde croise un homme. Giovanni Costa. Le faux électricien pédophile. Il la viole dans sa cage d’escalier. Près des siens.
 
A 9 ans, Adélaïde échoue seule sur une banquise. Sa banquise. Sans comprendre ce qui l’a amené là.


« Quelque chose s’est renversé, elle ne sait pas si c’est le sol ou si c’est elle, elle se concentre pour gravir l’escalier. »


Adélaïde a mis 20 ans pour se (re)construire. Mettre un mot sur ses maux. Le mot V.I.O.L. La (re)construction a été difficile. Douloureuse. Longue. Elle y est néanmoins arrivée. Sur son chemin de croix, Adélaïde a eu la chance de tomber sur les bonnes personnes. Et elle le reconnait.
Aujourd’hui, mère de famille, elle aussi aide ces jeunes filles, ces femmes qui ont connu un viol. Elle se bat pour eux. Avec eux.
 
J’ai dévoré ce roman qui m’a bouleversée. Renversée. Chavirée. La plume est sincère. Sensible. Touchante. Je suis sortie de cette lecture émue. Admirative aussi.
Adélaïde Bon a fait preuve d’un courage et d’une confiance incroyable en nous donnant à lire un bout de ce qui l’a construit. Une partie de sa vie. Son premier roman.


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