FICTION LITTERAIRE

L’attrape-coeurs

Auteur : J. D. Salinger

★☆☆


« Je me représente tous ces petits mômes qui jouent à je ne sais quoi dans le grand champ de seigle et tout. Des milliers de petits mômes et personne avec eux – je veux dire pas de grandes personnes – rien que moi. Et moi je suis planté au bord d’une saleté de falaise. Ce que j’ai à faire c’est attraper les mômes s’ils approchent trop près du bord. Je veux dire, s’ils courent sans regarder où ils vont, moi je rapplique et je les attrape. C’est ce que je ferai toute la journée. Je serai juste l’attrape-cœurs et tout. »


Vous est-il déjà arrivé – une fois votre lecture terminée – de fermer un roman tout en ayant la sensation d’avoir perdu votre temps ?

De ressortir d’une lecture tout en ayant le sentiment d’avoir eu du vide entre les mains ?

Pour ma part, c’est exactement ce qu’il vient de m’arriver après avoir lu et refermé « L’attrape-cœurs » de J.D Salinger.

L’histoire est celle d’Holden Caufield, un jeune adolescent bourgeois de dix-sept ans. Pensionnaire d’un lycée très select, Holden se fait renvoyer peu de temps avant les vacances de Noël à cause de ses mauvais résultats et de son absentéisme récurent.

Refusant de rentrer chez lui et d’affronter la colère de ses parents, le jeune homme décidera de vagabonder trois jours et deux nuits à New-York.

C’est cette fugue qu’Holden partage avec son lecteur auquel aucun détail – même infime – ne sera épargné.

J’ai passé 246 pages dans la tête d’un adolescent désenchanté. Blasé de tout et de tous. Comme on peut l’être à cet âge.

J’ai été plongé dans le combat intérieur de l’enfant qu’il n’est plus et, de l’homme qu’il n’est pas encore. Etats entre lesquels Holden oscille en permanence, victime du syndrome de Peter Pan peut-être.

Et, je ne me suis pas retrouvée dans tout cela. Je ne m’y suis même pas reconnue.

Par ailleurs, je fais partie de ceux pour qui il est impossible d’abandonner la lecture d’un livre commencé. Même lorsque celui-ci ne me plait pas !

Je me dis qu’une jolie surprise peut survenir à tout moment dans ma lecture et changer le court du récit (et mon avis sur le livre par la même occasion). J’ai donc lu les chapitres les uns après les autres en me demandant quand allait enfin arriver ce tournant avant de me rendre à l’évidence – à la dernière page lue – que celui-ci n’arriverait jamais.

Comme je vous l’ai dit, c’est du vide que j’ai eu entre les mains. Je n’ai donc pas accroché au récit.

Enfin, même le style ne m’a pas plus. Il se veut être le langage oral d’un adolescent des années 50 mais je l’ai trouvé trop caricatural. Je n’y ai pas reconnu Holden, jeune homme bourgeois et instruit, ayant fréquenté les meilleures écoles du pays.

Pour toutes ces raisons, ce roman n’aura pas attrapé mon cœur.

Et vous, avez-vous lu ce roman ? Vous a-t-il plu ? Pourquoi ?

Saviez-vous que ce roman était le livre préféré de Mark David Chapman, l’assassin de John Lennon ?! A tel point que, le jour du meurtre du chanteur, celui-ci avait sur lui un exemplaire du roman !