FICTION LITTERAIRE

Le bal des folles

Auteur : Victoria Mas

★★☆


La Salpêtrière – Paris – 1885

Rien ne prédestinait Eugénie à se retrouver enfermée dans cet hôpital.
Elle, une jeune femme issue de la bourgeoisie parisienne.
Instruite, cultivée et respectable.
Une fille de bonne famille en somme.

Rien.
Rien ne l’a prédestinait à cela … si ce n’était son « tempérament rebelle ».
Un tempérament hors des conventions pour une jeune femme du XIXème siècle et de son rang.

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Dans une société patriarchale, la Salpêtrière est un lieu bien commode pour « se débarrasser » de ces femmes qui dérangent : celles qui n’obéissent pas à leur père ou mari ; celles qui souhaitent s’émanciper ; celles qui ont été blessées dans leur enfance ou dans leur vie de femme.

Dans cet hôpital, y sont internées toutes celles peu recommandables aux yeux de la société.
Peu recommandables pour qui ?
Pour leur père. Pour leur frère. Pour leur mari.

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Eugénie incarne l’enfer vécu par ces femmes sans libre arbitre et enfermées sans l’espoir d’être un jour « libérées ».

Ces femmes qu’on exhibe – une fois par an – pour le bal de la mi-carême.
Un bal des folles fait pour divertir la bourgeoisie.

🔹

Derrière cette histoire racontée, il y a la réalité des faits : Victoria Mas s’est longtemps documentée sur la Salpêtrière et son histoire avant d’écrire ce roman.
Un roman qui est donc fidèle à ce que fut cet établissement, aux femmes qui y ont été internées et aux expériences réalisées par le professeur Charcot.

Bien écrit, j’ai été facilement transportée par le récit et ai lu le récit d’une traite. C’est donc un premier roman réussi pour moi car il a su me captiver d’entrée !

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Petits bémols néanmoins :

Selon moi, certains des personnages principaux manquaient de profondeur et possédaient une « histoire » insuffisamment travaillée.

De plus, j’ai trouvé le professeur Charcot très peu présent dans le récit or, il est la figure incontournable de l’étude de l’hystérie et l’homme auquel est rattaché le nom de la Salpêtrière.

Enfin, le bal des folles arrive bien trop tard dans le roman et ne dure – finalement – que quelques pages. Dommage pour un livre qui en porte le nom.

Partagez-vous le même avis que moi pour ce roman ?