COUP DE COEUR FICTION LITTERAIRE

Le chant des revenants

Auteur : Jesmyn Ward

★★★


Au premier abord, ce roman n’avait rien pour me plaire. Il est certain qu’en librairie je ne me serais pas arrêtée sur la couverture – trop sombre pour moi – et, par conséquent, je ne me serais pas attardée non plus sur la quatrième de couverture.

Quelle erreur !

Ce livre est un véritable bijou littéraire et mon deuxième coup de coeur 2019 (après le Procès du Cochon d’Oscar COOP-PHANE).
J’ai eu entre les mains un roman magnifique. Sublime. Magistrale. Un ravissement chapitre après chapitre.

J’ai été happée par cette histoire contemporaine qui se déroule au sein de l’Amérique profonde, celle du sud des États-Unis. Un sud qui – malgré les décennies passées – reste encore très marqué par son histoire raciale et ségrégationniste. Un sud où le propriétaire blanc reste supérieur au prolétaire afro-américain. Un sud où les couples mixtes restent mal vus.

C’est dans ce sud que grandissent Jojo et sa soeur. Deux enfants métissent, élevés par leurs grands-parents maternels afro-américains. Deux enfants qui grandissent dans un foyer pauvre mais entourés de l’amour prodigué par un « Papy » solide et une « Mamie » malade.
Deux enfants quasi-abandonnés par leur père, en prison, et leur mère toxicomane.

C’est Jojo et Papy qui maintiennent la famille à flot. Jojo qui apprend tout de Papy car Papy ne sera pas toujours là. Jojo qui s’occupe de sa soeur, en prend soin, et l’élève en partie. Jojo qui se comporte comme un homme et qui en a la maturité. L’expérience aussi. Et ce, malgré son jeune âge. Jojo a tout juste 13 ans.
Jojo apprendra encore. Beaucoup. Cet apprentissage il le fera lors du trajet qui le conduira jusqu’à Parchman, l’endroit où son père est détenu. Désormais libéré, sa mère, sa soeur et lui vont le récupérer.
Ce trajet sera, à sa façon, un voyage initiatique pour le jeune garçon qui apprendra beaucoup. Autant sur le monde des morts que des vivants.

En écrivant mon ressenti sur ce livre, quelques larmes ont (encore) coulé !
J’ai eu l’impression de d’écrire une « famille cliché » et pourtant… Et pourtant, je sais que ces familles existent. Je sais qu’il existe des « enfants adultes ». Comme Jojo.

Je connais des Jojo, qu’ils soient filles ou garçons.
Jojo, cet enfant touchant.
Cet enfant solide.
Cet enfant fort.
Jojo, cet enfant qui m’a émue aux larmes.


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