AUTOBIOGRAPHIE

Le Consentement

Auteur : Vanessa Springora

★★★


« Une fille de quatorze ans a le droit et la liberté d’aimer qui elle veut. »


V. a 14 ans. Comme toute les jeunes filles de son âge, V. est amoureuse. Amoureuse et « aimée, comme jamais auparavant ». Son amoureux s’appelle G.M.
 
G.M est son premier amour. Son premier amant. Le premier homme de sa vie. Le premier homme dans sa vie.
 
Là s’arrête la comparaison avec les jeunes filles de son âge. G.M a 50 ans.


« Pourquoi une adolescente de quatorze ans ne pourrait-elle aimer un monsieur de trente-six ans son aîné ? 


Longtemps, V. s’est posée cette question. Une question qui résume – à elle seule – toute l’ambigüité d’une situation.
 
C’est lui qui est allé vers elle. Elle qui est venue à lui.
 
Cette histoire d’amour, V. l’a acceptée. Revendiquée. Assumée. Défendue. Voulue. Vécue. Envers et contre tous.
 
Du haut de ses quatorze ans, elle était consentante.


« Cent fois, j’avais retourné cette question dans mon esprit. Sans voir qu’elle était mal posée, dés le départ. Ce n’est pas mon attirance à moi qu’il fallait interroger, mais la sienne. »


Son consentement, V. l’a longtemps porté comme une source de culpabilité, elle pour qui le terme de « victime » ne convenait pas.
 
Dans son récit, elle nous démontre que celui-ci était – dès le départ – altéré. La faute à un schéma familial fragile, marqué par une absence importante : celle d’un père inexistant.
 
Un père d’abord aimé, puis craint et enfin haï. Un père dont elle n’aura de cesse de rechercher l’amour. Toujours.
 
Cette recherche de l’amour paternel, quasi obsessionnelle ; la démission d’une mère, dépassée ; la lecture comme seul refuge ; les écrivains comme idoles auront suffit à créer un terreau fertile. A modeler la proie.
 
Il aura suffit d’une fois pour que le prédateur la flaire. Lui – rompu à l’exercice – a déployé son piège.
 
V. était consentante. G.M est coupable.


« Le manque, le manque d’amour comme une soif qui boit tout, une soif de junkie qui ne regarde pas à la qualité du produit qu’on lui fournit et s’injecte sa dose létale avec la certitude de se faire du bien. Avec reconnaissance et béatitude. »


C’est avec des mots justes et sobres, simples et percutants, que Vanessa SPRINGORA se raconte.
Ce livre n’est pas un règlement de compte. Il est sa catharsis. On y sent la distance mise entre l’auteure et les évènements
Rien n’est caché au lecteur, rien ne lui est épargné et – aussi terrible qu’il soit – le texte reste pudique.
 
Beaucoup de professionnels disent de ce livre qu’il est le parfait outil pour comprendre le mécanisme de l’emprise. Cela est vrai. Ce témoignage « de l’intérieur » – remarquablement bien construit – décrit étape par étape sa naissance, son ciment.


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