FICTION LITTERAIRE

L’enfant céleste

Auteur : Maud Simonnot

★★☆


Il est des romans qui sont en réalité de longs poèmes en prose. Et, ce sont dans ces romans où – plus qu’un récit – c’est une voix que donne à entendre l’auteur.

Dans « L’enfant céleste », c’est la voix de Mary – à l’émotion discrète – qui porte la lecture.
Elle nous livre un bout de son histoire. Une histoire de trop-plein où rien ne va plus.

Il y a d’abord cette douloureuse rupture amoureuse avec Pierre qui la quitte par texto.


« Je n’aurais pas voulu mettre de tristesse dans ta vie mais je voudrais qu’on arrête. Je ne peux pas faire l’amour sans amour. »


Il y a ensuite les brimades subies par son fils à l’école, aussi bien de la part de ses camarades que du corps enseignant.
Célian, cet enfant curieux et rêveur – toujours dans la lune – pour qui le système scolaire n’est pas adapté.
Célian, cet enfant prodige. Ce surdoué. Cet enfant précoce.


« Dès sa naissance on le sait. On se dit que cet enfant-là est différent. […] Les reflets d’or clair de ses cheveux. Et ce regard un peu voilé qui ne le quittera plus. Lunaire. Oui c’est ça, un enfant céleste. »


Pour apaiser les douleurs du cœur et du corps ; pour guérir les blessures et réapprendre à rire, mère et fils quittent leur quotidien. Une nécessité pour eux.


« […] l’aventure, plus qu’une interruption du cours des événements ou un voyage vers un ailleurs inconnu et exaltant, est surtout une disposition à être dans le temps. »


C’est dans le cadre apaisant de l’île suédoise de Ven qu’ils posent leurs valises.
Bercés par une vie simple et calme, entourés par la mer et les terres, Mary et Célian y déploient leurs ailes et s’épanouissent pleinement.


« Ce voyage laissera bien plus que des grains de sable et des fleurs séchées entre les pages de mes carnets. J’ai parcouru le cycle entier du chagrin, la souffrance s’est dissoute dans la pureté des paysages de Ven. »


Ce roman est un hymne à l’amour et à la maternité. Un roman dans lequel la tendresse dit son nom dans la main d’un enfant que l’on serre.

J’ai dévoré ce livre joliment écrit. Maud Simonnot nous livre un texte poétique, délicat et solaire dans lequel chaque mot semble avoir été choisi avec soin pour construire la phrase la plus harmonieuse possible.

J’ai eu entre les mains un petit bijou de douceur et de fraicheur qui m’a transporté. Un véritable voyage littéraire !

P.S : J’ajoute l’île de Ven à la liste de mes envies voyages 😉