FICTION LITTERAIRE

Les Voix

Auteur : Naïma Guerziz

★★☆


Il est des livres qui sont de jolies surprises. On choisit de les lire en pensant avoir une idée bien précise de ce qu’ils vont nous raconter et, finalement, l’auteur nous emmène vers un autre chemin. 
Un chemin aussi inattendu que différent et qui se révèle, le plus souvent, bien meilleur que nos attentes !

« Les voix », de Naïma Guerziz, fait partie de ceux-là.

En ouvrant le roman, je m’attendais à lire un énième récit de personnage souffrant de schizophrénie. C’était sans compter sur le talent de l’auteure. Avec une plume douce et poétique, Naïma Guerziz nous raconte la souffrance et la douleur à travers les yeux d’Omer.

Omer est schizophrène. Parait-il. Désormais guéri, il a choisi de raconter son histoire.
Il dit que par le passé, il entendait des voix. Il dit aussi que ces voix entendues n’étaient pas le fruit de son imagination. Qu’elles étaient réelles. Qu’il s’agissait des voix intérieures des gens qui l’entouraient.

Dans ce roman polyphonique, le lecteur oscille en permanence entre ce qui est réel et ce qui ne l’est pas. C’est passionnant. Captivant !Les voix sont présentes. Multiples.
Il y a des voix d’hommes et de femmes.
Ces voix racontent. Révèlent. Dénoncent.
Elles dénoncent – et expliquent – ce qu’est l’emprise psychologique à travers deux thèmes forts : la schizophrénie et les violences faites aux femmes.
Ces voix prêtent leur voix à tous ceux qui ne peuvent pas – ou plus – parler.

J’ai dévoré ce roman au goût de poésie.
J’ai aimé sa construction particulière, où le réel et l’irréel s’imbriquent.
J’ai aimé la subtilité et la douceur utilisées pour parler de sujets graves.