FICTION LITTERAIRE

L’Etranger

Auteur : Albert Camus

★★☆



« Aujourd’hui, maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas. ».


Cet incipit suffit à lui seul pour comprendre qui est Meursault.

Un homme qui vit le présent. Rien que l’instant.
Pourquoi se soucier du passé alors même qu’il nous rend nostalgique ?
Pourquoi se soucier du futur alors même qu’il nous rend anxieux ?

Un homme honnête.
Meursault ne ment ni sur ses sentiments, ni sur ses émotions.
Il ne sert à rien de faire semblant pour tromper l’autre.

Un homme à la rationalité propre.
Différente de celle communément admise.
D’une logique implacable.


Dans une Algérie française, Meursault est jugé et condamné pour avoir tué un homme.
Un Algérien. Un étranger.

Mais, qui des deux est le plus étranger ?
Cet arabe abattu sur un coup de chaud ?
Meursault, incompris par la société, différent de ses normes ?

C’est une partie de la vie de ce dernier que nous raconte ici Albert Camus. 
Un personnage simple. Ordinaire. Ou extraordinaire.
Qu’en sait-on vraiment ?

Un personnage qui ne laisse pas indifférent.
D’emblée, il sera apprécié ou détesté par le lecteur. Sans entre-deux.
Et, c’est un coup de maître que réussi l’auteur : l’art de susciter des émotions au lecteur, par le fait même que le personnage principal n’en ressent aucune.


Albert Camus nous sort de notre zone de confort en nous proposons une expérience de lecture différente. Originale. Brillante !

Avec sa plume, il crée une lecture sensorielle de cette Algérie qu’il connaît si bien.
L’oreille est pleine des bruits de la rue, vivante ; de celle de la mer en fond.
La peau est chauffée par le soleil ; les yeux plissés par ses rayons.
Le nez s’emplie des effluves du poisson mariné ; la bouche en a les épices.

C’est aussi une certaine torpeur qui s’installe. Celle-là même qui a piqué Meursault.
L’auteur pose son rythme. Il nous l’impose par son style.


L’Etranger fait partie de ces romans qui marquent de leur empreinte ceux qui l’ont lu.