COUP DE COEUR FICTION LITTERAIRE

Nuits d’été à Brooklyn

Auteur : Colombe Schneck

★★★


« Pourquoi ne pouvons-nous pas nous aimer les uns les autres ? »


C’est l’été 1991.
Le ciel est clair sur New York.
Il y fait chaud.
Beaucoup trop chaud.
 
Esther est assise à un café.
Et, elle l’attend.
 
Esther a 24 ans.
Elle est blanche. Française. Et, juive aussi.
C’est son premier séjour aux Etats-Unis.
Elle est ici pour son stage. Pour trois mois.
Elle est étudiante en journalisme.
 
Esther est assise à un café.
Et, elle l’attend.
Elle doit réaliser son interview.
Mais il est en retard.
 
Il, sera son Premier.
Son Unique.
Son Grand Amour.
 
Tout cela, elle ne le sait pas encore.
 
Esther est assise à un café.
Et, elle attend
Frederick.
 
Frederick a 41 ans.
Il est noir. Américain. Et, catholique aussi.
Il est marié. Père d’une fille, adolescente.
Il est professeur de littérature.
Spécialiste de Flaubert.
 
Cette interview sera le début de leur histoire d’amour.
Une belle histoire.
Un bref amour.
Qui durera le temps d’une vie.
 
Ils s’aiment.
Tout les sépare.
Ils pensent être au-dessus de leurs différences.
 
Ils ne savent pas c’est que ce jour-là,
Marque le début de leur amour
Marque sa fin en même temps.


« Peut-être parce qu’il est d’apparence si tranquille, si assuré, alors elle se calme, il poursuit, ils trouvent ensemble un rythme. Il n’a pas de certitude sur ce qu’il faut penser, ce qui plait à Esther. Elle l’écoute. Ils vont rester dans ce café, face à face, pendant trois heures, sans se rendre compte du temps qui passe. Le jeu de la séduction est en marche. »


J’ai eu entre les mains un véritable bijou de lecture. Une très belle découverte ! J’ai eu beaucoup de mal à lâcher ce roman et l’ai lu d’une traite. Il se dévore.
 
Dedans, j’y  ai tout aimé : la plume particulière de l’auteure, au débit fluide ; la structure particulière des chapitres, qui participe « au suspense » du récit ; la réalité entremêlée à la fiction ; et l’histoire aussi. Une histoire d’amour des temps modernes. Une histoire miroir.
Miroir à notre société. Miroir aussi, à mon histoire.
 
Tout comme Esther, j’ai longtemps cru – naïvement – que l’amour pouvait effacer les barrières qui existaient entre deux personnes. Que – quelles que soient les différences (l’éducation, l’âge, la religion, etc.) – quand on aimait vraiment, on pouvait passer outre.
Pourtant, il m’aurait suffi d’ouvrir les yeux autour de moi pour comprendre ce qu’il en était. Mais, j’ai dû attendre. J’ai dû attendre avant de comprendre.
Et puis, j’ai grandi. J’ai appris. J’ai compris.


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