AUTOBIOGRAPHIE COUP DE COEUR

Orléans

Auteur : Yann Moix

★★★


« Il saurait désormais ce que signifie ce laps de temps, infime et pourtant infini, où le coup n’est pas encore parti, où il semble pouvoir, si la pitié en décide finalement ainsi, ne pas partir du tout – cette anfractuosité temporelle où celui qui n’a aucune chance d’en réchapper dresse la liste, avec la fulgurance d’un choc électrique, que ce soit par des regards ou par des mots, de toutes les raisons qui pourraient stopper l’imminente sentence. »


Dans cette autobiographie découpée en deux parties – dedans et dehors – Yann MOIX revient sur son enfance puis sa jeunesse à Orléans.

Il y raconte d’abord la cruauté, l’abomination vécue dans le huis clos familial entre 3 et 16 ans.
Sans pathos, l’auteur retrace son enfance. Une enfance brisée. Brisée par les humiliations répétées de ses parents. Une enfance cassée. Cassée par les coups quotidien donnés.
Le voisin, l’épicière du coin de la rue, la maîtresse d’école … Tous savaient les souffrance endurées par cet enfant. Tous. Tous se sont tus.

C’est pour s’échapper à cette réalité douloureuse que le petit MOIX s’est plongé dans la littérature. La littérature comme exutoire. Les mots pour chasser les maux.
Il rencontre – au grès de ses lectures – Gide, Proust ou encore Ponge à un âge où beaucoup d’entre nous n’en étions qu’à la bibliothèque verte !
Et, c’est pour faire comme ses illustres aînés, que Yann MOIX se lance dans l’écriture. A 14 ans, il est déjà riche d’une œuvre « inachevée et inachevable considérable ».


« Les livres, mieux que les églises, sont un bel endroit pour pleurer. »


Dans la seconde partie de son récit, l’auteur retrace – sur la même période de temps – son enfance et sa jeunesse hors du huis clos familial. Hors de cette prison sans amour ni tendresse. Il y raconte l’école, la prépa, ses amis, ses émois et ses humiliations aussi. Comme si, en dehors du carcan familial, celles-ci le poursuivaient.
Sans arrêt.


Yann MOIX fait partie de ces personnes publiques qui ne laissent pas indifférentes. Celles pour lesquelles nous nous forgeons un avis tranché dès la première prise de parole : on les adore ; on les déteste.
Notre réaction est immédiate. Instinctive. Épidermique. Pour eux, il n’y a pas d’entre-deux. Elles sont condamnées aux deux extrêmes.
 
Je vais être honnête, pour ma part, je n’ai jamais eu un a priori très positif du chroniqueur de Laurent RUQUIER. Je le trouvais pédant et présomptueux.
De ce fait, je n’avais jamais cherché à connaître sa plume. A lire ses écrits. Ses romans. Sa vie.
 
Quelle erreur !
 
La lecture d’Orléans a été une incroyable surprise! J’y ai découvert une plume sublime. Triste.  Poétique. Une plume qui sait raconter l’horreur avec beauté.
J’ai également découvert un homme blessé. Un adulte prisonnier de son passé. Prisonnier d’une enfance qui lui a été volée.
 
J’ai eu entre les mains un roman bouleversant. Fascinant. Flamboyant. J’ai dévoré ce livre.
J’ai dévoré ce livre qui m’a fait mal au cœur mais qui n’en reste pas moins, mon coup de cœur de cette dernière rentrée littéraire.


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