DOCUMENT

Pirate n°7

Auteur : Elise ARFI

★★☆


Cette histoire, c’est avant tout celle de Fahtan Abchir MOHAMOUD avant d’être celle de l’auteure, Élise ARFI.

Cette histoire c’est celle d’un jeune somalien, même pas majeur, qui essaye de survivre dans l’un des dix pays les plus pauvres du monde.

C’est l’histoire d’un grand frère qui se tue à la tâche pour nourrir ses jeunes frères et soeurs; pour aider sa mère.

C’est l’histoire d’un jeune homme à qui l’on promet la richesse – 100$, c’est dire à quel point la pauvreté est cruelle – pour entrer dans la piraterie, capturer des touristes étrangers et les échanger contre rançon.

C’est l’histoire d’un jeune homme – tout juste sorti de l’adolescence – arraché à sa terre et jeté dans le système judiciaire et carcéral français. Un jeune homme qui réclame à corps et coeurs perdus, sa mère.

Un jeune homme dont la justice ne reconnaît ni le nom, ni l’âge. Un homme dont la prison n’en a que faire.

C’est l’histoire d’une justice qui broie, d’une prison qui tue et d’une avocate qui sauve. Qui essaye de sauver. Qui se bat à contre courant. Et qui réussit malgré tout.


« Mais on est avocat comme on est homme. Certains se révoltent, d’autres non. Certains sont placides, d’autres emportés. »


J’ai apprécié lire ce témoignage important. Il explique le combat d’une avocate pour son client. Celui d’une femme qui se bat contre le système judiciaire et, qui en dénonce les travers. Celui d’une femme qui porte la vie d’un homme à bout de bras, contre le système carcéral qui broie les hommes. Un système carcéral qui les pousse à la folie. Qui les tue.

On y découvre une avocate qui ne lâche rien. Qui n’abandonne pas. Qui finit par gagner, mais à quel prix !

Ce document c’est tout à la fois : la dénonciation d’une justice française qui ne fonctionne pas toujours, qui s’arroge le droit de déraciner les coupables pour les juger sur son territoire; la dénonciation d’un système carcéral trop pauvre en moyens humains et matériels, démuni.

Ce document c’est aussi la colère du lecteur, son incompréhension, sa peur, sa joie, son amertume face à l’histoire de Fahtan ici et là-bas, en Somalie.


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