COUP DE COEUR FICTION LITTERAIRE

Simple

Auteur : Julie Esteve

★★★


Simple. Idiot. Baoul. Mongol.


« Je sais bien comment ils m’appellent, y a tellement de mots sales dans la langue en français pour causer de moi ! Un jour, j’ai dressé une liste dans mon cahier et j’en suis pas revenu de tous les mots possibles, je les ai criés comme un taré, les uns après les autres, et les mots y z’étaient devenus les balles d’un fusil, ça m’a brûlé la peau, j’ai gardé ma liste ! »


Il était une fois Antoine Orsini : un jeune homme un peu simple d’esprit. Tellement touchant. Tendrement attachant.

Dans ce roman, ce n’est pas Julie Esteve qui écrit. C’est Antoine qui raconte. Antoine qui – avec son innocence – fait le récit de sa vie. Et, quel cruel récit de vie !Dernier né d’une fratrie de trois enfants, la naissance d’Antoine est marquée par le deuil. Celui de sa mère morte en couche.
Une mort que son père ne lui pardonnera jamais, à lui, « le chien ».

Rejeté par tous – y compris par les siens – Antoine survit dans son petit village corse situé au cœur du maquis. Un village où la différence fait peur. Isole. N’est pas appréciée.

Antoine grandit seul. Il a pour seul ami Magic, un dictaphone encore sous plastique. Et Florence aussi. Florence Biancarelli, la plus jolie jeune fille du village. Antoine et elle s’entendent bien. Ils ont – chacun à leur façon – la même sensibilité. Ils se comprennent. Se soutiennent.
Jusqu’au jour où Florence est retrouvée morte au milieu du maquis.

Pourtant, Antoine les avait prévenu. Il leur avait dit, aux villageois, que Florence allait mourir et, personne n’a rien fait.
Tous le croient coupable. Est-ce réellement lui ?


« C’est pas parce qu’on est abîmé qu’on est plus bon à rien. »


Ce livre est un coup de cœur. Un coup au cœur. En le refermant, je n’ai pu m’empêcher de me demander ce qu’il serait advenu « si » : si seulement, on avait donné sa chance à Antoine ; si seulement, un main s’était tendue vers lui.

Bien que différent, Antoine est loin d’être le simplet que tout le monde pense. Que tout le monde voit. Et, dans cet être à part, se cache un esprit vif. Une âme sensible. Un cœur en or.

Le lecteur gardera un arrière goût doux-amer de cette histoire triste et belle à la fois. Une histoire sur la différence et sur l’acceptation de celle-ci.

Toutefois, loin de ne se résumer qu’à cela, ce roman est également une enquête à suspense. Prenante. Haletante. Le lecteur s’aperçoit finalement que chaque habitant avait ses raisons d’en vouloir à Florence.


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